Linux / Commande wget : télécharger un fichier et reprendre avec -c
wget télécharge des fichiers depuis des URL HTTP, HTTPS ou FTP et les enregistre normalement sur disque. Il permet de choisir le nom ou le répertoire de destination et de reprendre certains téléchargements interrompus. Avant d’utiliser -O ou -c, vérifiez le fichier local : le premier peut le tronquer, et le second suppose que son contenu correspond au début du fichier distant.
Télécharger un fichier et choisir sa destination
Les exemples concernent GNU Wget. Vérifiez wget --version et man wget pour l’outil installé ; Wget2 ou une implémentation minimale peuvent différer. Placez-vous dans un répertoire de travail dédié où les noms de sortie n’existent pas encore.
wget [OPTIONS] URL
wget https://example.com/
wget -O example.html https://example.com/
La première commande choisit normalement un nom dérivé de l’URL. Pour une URL terminée par une barre oblique, le nom usuel est index.html ; le résultat exact dépend des options et de la configuration. La seconde écrit dans example.html.
-O n’est pas un simple renommage après réception : le fichier désigné est ouvert et tronqué immédiatement. Un échec réseau peut donc laisser un fichier vide ou partiel et détruire l’ancien contenu. Si plusieurs URL sont données avec un seul -O, les contenus sont rassemblés dans ce même fichier. Ne combinez pas ces usages pour obtenir plusieurs téléchargements séparés.
Sans options de reprise, de récursion ou de gestion de date, un nouveau téléchargement ordinaire portant le même nom peut être conservé avec un suffixe .1, .2, etc. N’étendez pas cette règle à -O : l’effet de cette option est différent.
Vérifier le résultat avant d’utiliser le fichier
Pour afficher le fichier seulement si le téléchargement se termine avec succès :
wget -O example.html https://example.com/ && ls -lh example.html
Dans ce shell Linux, && exécute ls seulement si wget renvoie un succès. La liste montre le nom et la taille, pas la validité du contenu. Ne vous attendez pas à un nombre d’octets fixe : la ressource peut changer. En cas d’échec, conservez les messages pour comprendre la cause avant de relancer.
Vérifiez que le fichier correspond au format et à la version demandés. Un document d’authentification reçu à la place d’une archive peut avoir été transféré correctement sans satisfaire votre besoin. Pour une distribution officielle, comparez aussi la somme de contrôle publiée ou vérifiez la signature avec la clé attendue.
Une somme calculée localement ne prouve pas à elle seule l’authenticité : elle doit être comparée à une référence obtenue par un canal fiable. Le succès du transfert, la correspondance des octets et l’identité de l’éditeur sont des vérifications complémentaires.
Reprendre un téléchargement avec -c
Pour une archive réellement proposée par son éditeur, remplacez l’URL ci-dessous par l’URL exacte et assurez-vous que le fichier partiel local correspond au même objet et à la même version :
wget -c https://example.com/archive.tar.gz
Cette URL illustre la syntaxe ; elle ne promet pas qu’une archive existe sur example.com. Avec -c, Wget utilise la taille du fichier partiel pour demander la suite. En HTTP, la reprise dépend notamment de la prise en charge des requêtes Range par le serveur.
Si la reprise n’est pas prise en charge, Wget peut recommencer depuis le début et remplacer le fichier local. Si le fichier distant a changé et est maintenant plus grand, concaténer sa fin à un ancien début peut produire un fichier incohérent. Wget ne garantit pas que le fichier local est un préfixe valide du fichier distant.
Une taille identique n’établit pas davantage l’identité du contenu : Wget peut refuser de poursuivre un fichier déjà aussi grand, sans comparer tous les octets. Après une reprise, vérifiez la référence de contrôle ou la signature de la version attendue. Si l’objet distant a été remplacé, préservez le fichier partiel utile et recommencez dans une nouvelle destination plutôt que de poursuivre aveuglément.
Choisir les options sans élargir le téléchargement
| Option | Utilité et limite |
|---|---|
| -O fichier | Écrire les contenus reçus dans ce fichier, avec troncature immédiate. |
| -P répertoire | Choisir la racine du répertoire de stockage. |
| -c | Tenter la reprise d’un fichier partiel correspondant au même objet distant. |
| -q | Supprimer les messages habituels ; moins adapté à une première recherche d’erreur. |
| --spider | Examiner une ressource sans enregistrer normalement son document comme téléchargement. |
| -r | Suivre des liens récursivement ; peut provoquer de nombreuses requêtes. |
-P choisit un répertoire de base pour les fichiers, tandis que -O désigne un fichier de sortie. Ne supposez pas que -P protège le fichier nommé par -O. Vérifiez le chemin final avant une opération répétée.
wget --spider https://example.com/
Le mode spider fournit un indice sur l’accès à la ressource, mais ne remplace pas la validation de son contenu complet. Si une vérification par HEAD est refusée, ne déclarez pas immédiatement le lien inexistant : vérifiez avec un GET, par exemple avec la commande curl pour lire une réponse HTTP.
La récursion est une autre opération qu’un téléchargement unique. Avant -r, définissez les pages et hôtes autorisés, la profondeur et le volume acceptables, et respectez la politique du site. N’ajoutez pas -r uniquement parce qu’un fichier simple n’a pas été trouvé.
HTTPS vérifie normalement le certificat du serveur. Une erreur de certificat mérite d’examiner le nom et la chaîne de confiance ; désactiver la vérification ne confirme pas l’identité du fichier. Le manuel officiel GNU Wget précise les interactions entre sauvegarde, reprise et récursion.




