Linux / Commande mkfs : créer un système de fichiers après vérification de la cible
mkfs crée un nouveau système de fichiers sur une cible, généralement une partition ou un fichier image. Cette opération peut remplacer des métadonnées existantes et rendre les anciennes données inaccessibles. Identifiez et sauvegardez la cible avant toute création ; pour utiliser simplement un système de fichiers existant, un montage suffit et mkfs n’est pas nécessaire.
Choisir le créateur de système de fichiers
Le programme générique mkfs appelle un outil propre au format. Son manuel util-linux le déclare obsolète au profit de commandes telles que mkfs.ext4 ou mkfs.xfs. Ces deux programmes créent respectivement ext4 et XFS ; ils ne possèdent pas nécessairement les mêmes options ni les mêmes valeurs par défaut.
Les formes suivantes sont de la notation de syntaxe, avec une cible à déterminer, et non des commandes de consultation :
sudo mkfs -t FORMAT CIBLE_VERIFIEE
sudo mkfs.ext4 CIBLE_VERIFIEE
sudo mkfs.xfs CIBLE_VERIFIEE
Une création de partition avec fdisk ou parted ne crée pas automatiquement son système de fichiers. Inversement, mkfs n’est pas un outil de création de table de partitions. Le créateur peut aussi travailler sur un fichier ordinaire selon son support, comme dans le laboratoire ext4 ci-dessous.
Vérifier l’identité, les usages et les sauvegardes
Pour un véritable périphérique, commencez par recouper taille, type, contenu reconnu, identifiants et montages :
lsblk -o NAME,SIZE,MODEL,TYPE,FSTYPE,UUID,MOUNTPOINTS
lsblk et son arborescence aident à distinguer un disque entier et ses partitions. blkid précise les attributs du contenu. Un champ de montage vide n’atteste pas à lui seul l’absence d’usage : des couches de volumes, de chiffrement ou d’autres services peuvent utiliser le périphérique.
- Confirmez le bon hôte, le bon périphérique et le niveau de stockage visé.
- Vérifiez les sauvegardes sur un autre support et la possibilité de restaurer les données utiles.
- Terminez les usages du volume et appliquez la procédure de démontage ou d’arrêt propre à ses couches.
- Choisissez un format et des fonctionnalités compatibles avec le système qui devra le lire.
- Relisez la commande complète, notamment la cible finale, avant de créer le nouveau système de fichiers.
Le fait que l’outil refuse une cible déjà utilisée est une protection supplémentaire, pas une méthode d’identification. N’ajoutez pas une option de force pour faire disparaître un diagnostic dont la cause n’est pas comprise.
Créer un ext4 dans un nouveau fichier image
Ce laboratoire nécessite Linux, mkfs.ext4 de e2fsprogs, GNU truncate et blkid. Il crée un fichier de 512 MiB, soit 536870912 octets, dans un nouveau répertoire temporaire vous appartenant. Il ne crée pas de partition, n’utilise aucun périphérique /dev et ne monte rien. Aucun sudo n’est nécessaire pour ces opérations sur votre nouveau fichier.
(
set -eu
command -v mkfs.ext4 >/dev/null
command -v truncate >/dev/null
command -v blkid >/dev/null
labdir=$(mktemp -d)
image="$labdir/ext4.img"
printf 'Image du laboratoire : %s\n' "$image"
truncate -s 512M "$image"
[ -f "$image" ] && [ ! -L "$image" ]
mkfs.ext4 -F -L lf-mkfs-demo "$image"
blkid -p -s TYPE -s UUID -s LABEL "$image"
printf 'Image conservee : %s\n' "$image"
)
-F est ici limité à ce fichier ordinaire neuf dans le répertoire privé créé par mktemp. Il demande à mke2fs, le programme derrière mkfs.ext4, d’accepter cette cible qui n’est pas une partition bloc. Ne transposez pas cette option à un disque utilisé, et ne remplacez jamais le chemin image par un support réel dans ce laboratoire.
Après réussite du créateur, la consultation doit reconnaître TYPE="ext4", LABEL="lf-mkfs-demo" et un UUID généré pour l’image. L’ordre des attributs et les messages détaillés de création peuvent varier ; vérifiez leur contenu et le statut de retour plutôt qu’une phrase de succès précise. L’UUID, pour Universally Unique Identifier, sera une vraie valeur propre à votre création, et non les points de cette illustration :
... TYPE="ext4" ... UUID="..." ... LABEL="lf-mkfs-demo" ...
Ce laboratoire vérifie une création et une identification de métadonnées ; il ne monte pas le système de fichiers et ne teste pas la compatibilité de toutes ses fonctionnalités avec un autre noyau. Les valeurs par défaut ext4 peuvent dépendre de /etc/mke2fs.conf et de la version du créateur.
Si une étape échoue, le bloc s’arrête mais un fichier peut rester au chemin déjà imprimé. Après inspection, supprimez uniquement ext4.img dans ce nouveau répertoire, puis le répertoire devenu vide. Les variables du sous-shell ne restent pas disponibles : utilisez le chemin exact affiché et vérifiez sa provenance avant toute suppression.
Contrôler le résultat et respecter les options de chaque format
Sur un périphérique réel après une création autorisée, relisez le type, l’étiquette éventuelle et l’UUID avec blkid puis lsblk. Une nouvelle création peut changer l’UUID ; une ancienne référence dans /etc/fstab ou une application peut donc ne plus désigner le bon contenu. Sauvegardez et validez ces réglages séparément, sans copier un identifiant fictif.
| Forme | Rôle |
|---|---|
| mkfs -t FORMAT | Sélectionner le créateur via le frontal générique. |
| mkfs.ext4 | Créer un ext4 avec e2fsprogs. |
| mkfs.xfs | Créer un XFS avec son outil propre. |
| -L ETIQUETTE | Définir une étiquette si le créateur la prend en charge, dans ses limites de format. |
Les lettres d’options ne sont pas une interface commune à tous les créateurs. Par exemple, mke2fs propose -n pour afficher ce qu’il ferait sans créer, tandis que mkfs.xfs utilise -N pour cette intention. Consultez le manuel du programme exact ; ne devinez pas une simulation en changeant la casse d’une option.
Le formatage ne possède pas un retour arrière général qui restaure les anciennes données. Un succès confirme la création demandée, pas leur récupérabilité. Si l’objectif était seulement d’accéder à un volume existant, revenez à la procédure de montage avant d’envisager une création.
Le manuel mkfs de util-linux, le manuel mke2fs de e2fsprogs et le manuel mkfs.xfs décrivent leurs paramètres et limites respectifs.




